Cette première course du championnat du monde FIA-GT1 2010 a tenu toutes ses promesses : bagarres acharnées aussi bien en tête qu'en milieu de peloton, de belles autos avec des pilotes talenteux. Au final une victoire de Matech avec sa Ford GT, devant un duo de Corvette Phoenix Racing revenues du diable vauvert. Et avec quatre grands noms du GT dans les cinq premiers, il ne manquait rien à cette épreuve, pas même un cadre tout simplement ahurissant.
Sur la grille de départ, de nuit (il est 19h45 en local) et avec une température de 36°, on ne retrouve plus de Corvette en pole position puisqu’elles ont toutes les quatre été rétrogradées de 10 places suite à la sanction émise à l’encontre de toutes les Chevrolet Corvette C6R pour non-conformité. Dommage pour la marque qui avait parfaitement réussi la course de qualification grâce à la #13 de Andreas Zuber et Marc Hennerici.
La seconde Corvette C6R du team Phoenix Carsport partira de la dernière ligne, avec Mike Hezemans à son volant. L’auto n’a quasiment pas roulé et le changement de moteur lors des essais libres lui a fait perdre cinq places de plus. Autant dire que terminer dans le Top 5 est déjà un challenge quasi impossible pour le rapide Mike Hezemans.
La Ford GT de Thomas Musch est donc en pole position aux côtés de la Maserati MC12 Vitaphone de Andrea Bertolini. Suivent en seconde ligne l'Aston Martin DBR9 Young Driver de Chrystoffer Nygaard et la Maserati MC12 Triple H Team d'Alexandros Margaritis. En troisième ligne, on trouve une autre Ford GT, la #40 Marc VDS Racing de Bas Leinders et une autre Aston Martin DBR9, la #9 Hexis Racing de Frédéric Makowiecki. Pour les spectateurs, on ne pouvait rêver plus belle affiche avec quatre prestigieuses marques de Grand Tourisme aux quatre premières places.
La Lamborghini All-Inkl #38 et la Ford GT #41 de Marc VDS ne sont pas sur la pré-grille. Un incident mécanique leur empêche à toutes deux de prendre le départ. C'est un problème d'embrayage qui cloue au stand la Ford GT de Renaud Kuppens et Markus Palttala. Avec l’absence de la Ford Matech #6 détruite la veille, ce sont donc 21 voitures qui s’élancent à l’extinction des feux rouges.
Il manque aussi en troisième ligne la Ford GT #40 de Bas Leinders. Le remplacement d’un élément aérodynamique, le splitter à l’avant, endommagé lors d’un contact entre la Ford et une Aston Martin lors de la course de qualification, prit une minute de trop pendant le court laps de temps laissé aux équipes entre les deux manches pour intervenir sur les autos. Résultat : Bas Leinders doit prendre le départ depuis les stands.
Au premier freinage au bout de la ligne droite de départ, la Maserati MC12 #33 Triple H Team se loupe, perd la trajectoire en coupant celle de bon nombre de concurrents et son pilote, Alexandros Margaritis perd dix places d’un coup. Derrière, c’est un peu la panique. Plusieurs concurrents modifient leur route pour éviter la Maserati qui a du mal à se relancer et les deux Nissan Sumo Power GT, qui sont roue dans roues avec la #4 du Swiss Racing Team, s’accrochent entre elles. Seiji Ara se retrouve avec une auto sérieusement touchée, il doit rentrer à son stand. C’est l’abandon pour l’auto du Swiss Racing Team.
Chrystoffer Nygaard, pris dans les frottements entre les Nissan GT-R, perd à son tour la trajectoire au virage suivant et il termine dans les protections. La voiture ne peut plus bouger. C’est l’abandon pour l’Aston Martin Young Driver #8. Le premier tour n’est pas bouclé, et il ne reste plus que 19 autos en course.
Au premier passage, Thomas Mutsch garde le leadership sur la Maserati d'Andrea Bertolini. Ricardo Zonta sur la Lamborghini #25 du Reiter Enginneering a pris un envol parfait et il gagne six places. Andreas Zuber réussit un départ exemplaire, profitant de la panique provoquée par la Maserati partie en vrac et l'accrochage entre les Nissan : il remonte de sept positions au premier et au second virages. Il devance Frédéric Makowiecki, qui gagne une place, et Enrique Bernoldi (Maserati #2) qui a lui aussi parfaitement joué le coup dans le cafouillage du premier virage puisqu'il y a gagné huit places. Eliminées sur le papier, les Corvette sont d'autant plus revenues dans la bagarre en tête que Mike Hezemans, parti 21e et dernier, est déjà 11ème au premier passage ! Matteo Bobbi, 7ème, a fait un bond de six places. Il devance Karl Wendlinger (Nissan #3), 8e au départ et toujours 8e à l'issue du premier tour.
Clivio Piccione, 7e au départ sur l'Aston Martin Hexis #10, se retrouve 17e après avoir roulé hors trajectoire à la sortie du premier gauche. Michael Krumm (Nissan #23), 10e au départ, doit aussi s'arrêter à son stand après l'accrochage avec les autres Nissan. La seconde Nissan Sumo Power GT, celle de Warren Hughes est 15e. Le classement du départ a donc été sérieusement corrigé par la faute de la Maserati #33.
Parti des stands, Bas Leinders (Ford Matech #40) passe à la 19e place.
Au second passage, il n'y a pas de changement en tête. Andrea Bertolini reste collé aux basques de la Ford Matech au commandement. Andreas Zuber fait de même sur la Lamborghini de Ricardo Zonta. Cela fait plaisir de voir cette LP670 RSV en bagarre avec la Corvette.
Mike Hezemans poursuit sa remontée extraordinaire. Il a encore gagné une place et, à ce rythme, il va bientôt entrer dans les points. Il est maintenant 10e devant l'Aston Martin de Darren Turner.
Micheal Krumm est reparti, il est 18e, mais avec un tour de retard maintenant. Il précède Bas Leinders, dernier sur la Ford GT du Marc VDS Racing.
Au 3e tour, la Ford Matech a gagné deux dixièmes sur ses poursuivants directs. Ricardo Zonta, 4e, est dans les échappements de la Corvette d'Andreas Zuber. De même que Mike Hezemans pousse très fort, à 0.324 dans les échappements de la Corvette de Xavier Maassen, 9e.
Darren Turner semble en difficulté avec son Aston Martin : il vient encore de perdre une place au profit de Mika Salo, 11e, sur la Corvette #12 MadCroc Racing. En queue de peloton, Bas Leinders, 18e, est passé devant la Nissan de Michael Krumm.
Au 4e passage, ni les positions, ni les écarts n'ont pas changé. Thomas Mutsch (Ford GT) devance de 0.425 Andrea Bertolini (Maserati MC12). Andreas Zuber (Corvette C6R) est 3e à 1.475 du leader. Le pilote de la Corvette Phoenix est très rapide. Il a repris 8 dixièmes dans le tour à la Maserati et il signe à nouveau le premier meilleur secteur dans le début du 5e tour. Suivent Ricardo Zonta (Lamborghini LP670 RSV), Frédéric Makowiecki (Aston Martin DBR9), Enrique Bernoldi (Maserati), Matteo Bobbi (Maserati), Karl Wendlinger (Nissan) et ... Mike Hezemans qui n'a laissé aucune chance à Xavier Maassen de conserver sa 9e place. Pour l'instant, c'est la fête chez Maserati et Chevrolet qui placent trois de leurs autos dans le Top 10.
Pas de changement à l'issue du 5e tour, si ce n'est qu'Andreas Zuber a repris deux dixièmes à la Maserati qui le précède. Les trois premiers se tiennent en moins d'une seconde aprés dix minutes de course.
Dans la seconde moitié du tableau, Mika Salo (Corvette C6R) est 11e, devant Darren Turner (Aston Martin DBR9), Peter Kox (Lamborghini LP670 RSV), Alexandros Margaritis (Maserati MC12), Warren Hughes (Nissan GT-R), Thomas Jäger (Lamborghini), Clivio Piccione (Aston Martin), Bas Leinders (Ford GT), Michael Krumm (Nissan) et ... Nicky Pastorelli (Lamborghini All-Inkl) qui a enfin pu prendre le départ, problème de batterie résolu. Il compte quatre tours de retard sur les autres concurrents.
Au 6ème tour, soit au premier quart de la course, le petit train-train des deux tours précédents est oublié. Karl Wendlinger est passé dans le même tour par la Corvette de Mike Hezemans puis par les deux Corvette MadCroc, celle de Xavier Maassen, puis dans la foulée celle de Mika Salo. Mike Hezemans est déchainé puisqu'il a repris 4 secondes à la Nissan de Wendlinger.
Alexandros Margaritis qui au tour précédent était à 0.165 de la Lamborghini de Peter Kox, a pu le dépasser : il est maintennat 14e.
En tête, Andreas Zuber a encore repris un dixième à Andrea Bertolini. Les autos du GT1 sont scindées en trois parties : les trois premiers regroupés en 7 dixièmes, puis 4 autos en deux secondes, puis du 9e au 14e en moins de deux secondes.
Au 7ème tour, les trois premiers sont toujours en bagarre, ce qui ne les a pas empêché de creuser un peu l’écart (5.345) sur le 4ème, la Lamborghini de Ricardo Zonta.
Enrique Bernoldi (Maserati Vitaphone) est maintenant 5e : il a sauté Frédéric Makowiecki. Mike Hezemans signe le meilleur partiel en secteur 1 et il a repris une seconde pleine à la Maserati de Matteo Bobbi. A ce rythme, avant la mi-course, la Corvette du Néerlandais devrait être 7ème.
En milieu de peloton, Alexandros Margaritis poursuit sa remontée : il a gagné une place en doublant l'Aston Martin de Darren Turner, dorénavant 13e.
Au 8ème tour, le slogan de l’affiche du meeting d’Abu Dhabi « The Battle of the Brands », la lutte des marques, se justifie pleinement. Ford, Maserati et Corvette sont dans le sillage l’une de l’autre en tête de la course. Derrière une Lamborghini précède une Maserati à la lutte avec une Aston Martin.
Mike Hezemans, 8e, est visiblement déchaîné : il signe son meilleur tour en course en 2:08.825. Seule la Corvette d'Andreas Zuber a fait mieux, 2:08.632 au 4e tour, et la Maserati MC12 d'Enrique Bernoldi en 2:08.709, aussi dans son 4e tour. Les leaders tournent en 2.09.2
Au terme du premier tiers de la course, neuf tours ont été couverts et c'est de plus en plus serré en tête. Les trois premiers se tiennent en moins d'une seconde : Thomas Mutsch devance Andrea Bertolini de 0.345. Andreas Zuber est à 0.455.
Mike Hezemans est revenu à 1.345 de Matteo Bobbi. Karl Wendlinger a visiblement du mal au volant de la Nissan #3 du Swiss Racing Team. Après avoir dû céder face à l'attaque consécutive de trois Corvette C6R, le voilà maintenant dépassé par Alexandros Margaritis, 11e, et qui tente de se refaire après sa bévue du premier virage.
Pour la Lamborghini #37 All-Inkl Münnich Motorsport de Tomas Jäger, alors 16e, la course prend un mauvais tournant. Un pneu éclaté à l’avant droit contraint le pilote à rouler au ralenti.

Problème de pneu à l'avant droit : c'est le retour au stand pour Tomas Jäger après 20 minutes de course. © GT1live/SRO
10e tour. Tomas Jäger rentre à son box pour changer de roue. Ce n'est pas la journée des Lamborghini All-Inkl puisque Nicky Pastorelli est toujours 20e et dernier à 4 tours de la tête de course.
Mike Hezemans a encore repris une seconde à la Maserati de Matteo Bobbi. Il n'en est plus qu'à 0.354.
En queue de peloton, Bas Leinders a recollé à l'Aston Martin de Clivio Piccione, à 0.313 seulement.
Au 11e tour, c'est toujours autant serré en tête alors que la fenêtre des relais est maintenant ouverte. Chez Matech Compétition, Romain Grosjean est déjà prêt à relayer Thomas Mutsch. L’écart est infime en tête. Seulement 0.193 seconde sépare la Ford GT Matech de la Maserati MC12 Vitaphone. Mike Hezemans a passé Matteo Bobbi et ... il s'envole vers l'Aston Martin de Frédéric Makowiecki. En bas de tableau, Bas Leinders a doublé Clivio Piccione. Il est maintenant 16e. Pour l'instant le week-end du Marc VDS Racing est à l'image de celui du All-Inkl Münnich Motorsport : une voiture au stand et l'autre en queue de peloton.
Avant les premiers relais, le classement est donc : Mutsch (Ford), Bertolini (Maserati), Zuber (Corvette), Zonta (Lamborghini) à 6.746, Bernoldi (Maserati) à 0.837. Makowiecki (Aston Martin), Hezemans (Corvette), Bobbi (Maserati), Maassen (Corvette) et Salo (Corvette) complétent le Top10. Suivent Margaritis (Maserati), Wendlinger (Nissan), Turner (Aston Martin), Kox (Lamborghini), Hughues (Nissan), Leinders (Ford), Piccione (Aston Martin), Krumm (Nissan) et 19e et dernier, Pastorelli (Lamborghini). Seuls les 15 premiers sont dans le même tour.

Si ce n'est pas de la bagarre : les autos ont roulé ainsi près de la moitié de la course ! © GT1live/SRO
Au 12e tour, la bataille est splendide. La Corvette parvient à s’infiltrer devant la Maserati qui s'est bagarrée comme une belle diablesse avec la Ford de tête. C'est le moment que choisit Thomas Mutsch pour se jeter dans la pitlane. Mike Hezemans, Matteo Bobbi et Xavier Maassen sont aussi rentrés au stand. Tomas Jäger est reparti avec une nouvelle roue sur sa Lamborghini #37.
Andreas Zuber occupe donc provisoirement la tête devant Andrea Bertolini.

Les Corvette ont sans cesse mis la pression. Au 12e tour, c'est la Maserati qui doit céder. © GT1live/SRO
Le classement au 13e tour est forcément chamboulé du fait que certaines autos aient accompli leur relais et pas les autres. Andreas Zuber est donc momentanément en tête, avec 4.546 devant Michaël Bartels. Ricardo Zonta suit à 3.746, Enrique Bernoldi à 0.480, Frédéric Makowiecki à 6.392, Mika Salo à 7.052, Alexandros Margaritis à 1.263. Romain Grosjean a remplacé Thomas Mutsch, il est 9e, juste devant Andrea Piccini qui a relayé Mike Hezemans.
D'emblée, Romains Grosjean est le plus rapide en piste. Il signe le meilleur premier secteur en 26.228.
Karl Wendlinger, 8e, rentre au stand pour laisser le volant de la Nissan #3 au Suisse Henri Moser.
Aux 14e et 15e tour, la valse des ravitaillements ne permet pas d'établir un classement significatif. Ricardo Zonta, Enrique Bernoldi, Frédéric Makowiecki, Mika Salo et Alexander Margaritis, les cinq premiers au 15e tour sont ensemble dans la voie des stands.
Au 16e tour, seul Dominik Schwager est dans les stands, alors qu'il en était ressorti lors du tour précédent après avoir relayé Nicki Pastorelli sur la Lamborghini #38. Romain Grosjean est resté en tête au volant de la Ford Matech, mais ce fut très très serré. Grâce à un relais parfaitement exécuté, la Corvette de Marc Hennerici (qui a pris le volant après Andreas Zuber) est ressortie des stands, juste dans les échappements de la Ford mais ... devant la Maserati de Michael Bartels.
La plus belle des opérations est réussie par la Corvette Phoenix #14. Septième avant la valse des relais, la Corvette maintenant menée par Andrea Piccini est 4e. Non seulement, le team a fait un relais parfait, mais Mike Hezemans a quasiment fait deux tours de qualification avant de rentrer, s'adjugeant au passage le record du tour en 2:08.061. Ce record ne va pas néanmoins lui rester longtemps dans les mains. Romain Grosjean signe 2:07.774 dans son premier tour complet. Même en qualifications, personne n'avait roulé aussi vite ... sauf lui.
Avec cette progression de la Corvette #14, la Lamborghini de Rafeal/Zonta a donc perdu une place. Elle est 5e, devant la Maserati de Ramos/Bernoldi et la Maserati de Longin/Bobbi qui a gagné deux places. La Maserati de Heger/Margaritis est 8e (+ 3 places) devant l'Aston Martin de Enge/Turner (+ 4 places), la Lamborghini de Haase/Cox (+ 4 places) et la Corvette de Müller/Maassen (- 2 places). La Nissan de Campbell-Walter/Hughes, 12e, a aussi perdu 2 places.
La mauvaise opération des relais est à mettre à l'actif de l'équipe française Hexis AMR dont l'Aston Martin de Frédéric Makowiecki, 6e avant les relais, a chuté en 15e position. L'auto est rentrée au stand pour le relais mais elle n'en est pas ressortie. Elle devance encore d'une poignée de secondes au classement l'auto soeur, la #10 de Hirschi/Piccione, qui elle a gagné une place.

Il s'en est fallu d'un rien. A gauche, la Ford de tête débouche devant la Corvette qui quitte les stands. © GT1live/SRO
Au 17e tour, pas de changement pour les 12 premiers. Maxime Martin (qui a relayé Bas Leinders sur la Ford #40) est passé devant Pertti Kuismanen (qui a relayé Mika Salo sur la Corvette #12). Il est maintenant 13e. Jonathan Hirschi a dépassé son compagnon d'écurie toujours au stand. Il est 15e.
En tête, Romain Grosjean doit confondre le GT (Grand Tourisme) de sa Ford Matech avec Gros Turbo : il bat le record des intermédiaires 2 et 3 et s'adjuge le record en course en 2:07.376, augmentant son avance à plus de six secondes sur la Corvette de Marc Hennerici. C'est quatre dixièmes plus vite que son temps de qualification, ce qui situe la performance.
Au 18e tour, Christopher Haase s'est emparé de la 9e place en dépassant Tomas Enge.
Alors qu'il reste un tiers de la course à accomplir, Romain Grosjean caracole en tête. Il tourne une seconde et demie plus vite que son second immédiat et deux secondes plus rapidement que le reste des concurrents. Seul Andrea Piccini est aussi rapide. Avec son meilleur chrono en 2:07.962, il a repris plus d'une seconde à la Maserati MC12 de Michaël Bartels qui n'est plus qu'à 5 secondes devant la Corvette. A ce rythme, l'Iatlien ne va pas tarder à faire la jonction avec l'Allemand.
C'est fini pour l'Aston Martin Hexis #9 qui ne repart pas des stands. Marc Basseng est 18e et dernier avec la Lamborghini All-Inkl #37. Première course difficile aussi pour cette équipe.
Au 19e tour, pas de changement si ce n'est Altfrid Heger qui s'empare de la 9e place au détriment de Tomas Enge qui a du mal à tirer la quintessence de l'Aston Martin. Les DBR9 ont visiblement du mal à être dans le coup. Tomas Enge n'est que 10e et Jonathan Hirschi est 15e, les deux autres autos ont renoncé. C'est pire chez Nissan dont la première GT-R, celle de Jamie Campbell-Walter, est 12e. Henri Moser est 16e, Peter Dumbreck 17e.
Au 21e tour, la Ford Matech #5 est toujours deux à trois secondes plus rapide au tour que tout le monde. Ce qui fait que Romain Grosjean dispose de plus de 13 secondes d'avance sur la Corvette de Marc Hennerici. Andrea Piccini est aussi en forme. Il continue de reprendre une bonne seconde par tour à la Maserati de Michaël Bartels. Il n'est plus qu'à 1.413 de la 3e place.
Tomas Enge a sauté Alex Müller, il est 10e. Jamie Campbell-Walter a ravi la 12e place à Maxime Martin. Les résultats de la Ford GT sont contrastés. Là où Matech Compétition rit, le Marc VDS Racing peine.
Au 22e tour, un pneu déchappé à l'arrière droit entraîne le renoncement de l'Aston Martin de Jonathan Hirschi. Il doit garer son auto le long des rails sur le circuit. Aucune des deux Aston Martin d'Hexis AMR ne sera donc à l'arrivée. La course d'Abu Dhabi sera donc à vite oublier pour l'équipe Hexis AMR.
En tête, Romain Grosjean aligne les tours rapides sans visiblement forcer. Il possède maintenant près de 16 secondes d'avance sur la Corvette de Marc Hennerici, et 26 secondes sur celle d'Andrea Piccini, une Corvette C6R qui n'a laissé aucune chance à la Maserat de Michael Bartels. Dans les stands, Andrea Bertolini, assez décontenancé, déclare que "la Corvette a trop de chevaux, on ne peut pas lutter !". Des paroles que l'on avait déjà entendues dans la bouche de Michaël Bartels quand sa Maserati avait été dépassée sans coup férir en mai 2009 à Silverstone par la Saleen de Karl Wendlinger. Ce qui n'avait pas empêché Vitaphone d'empocher le titre en fin d'année.

Pas de chance pour l'Aston Martin Hexis #10 qui renonce à 8 minutes à peine de la fin. © GT1live/SRO
Aucun changement dans les positions au 23e tour. La Ford Matech s'envole littéralement, avec 18.390 d'avance sur la Corvette Phoenix Racing de Marc Hennerici, et 26.384 sur celle d'Andrea Piccini. Belle réussite des deux Corvette Phoenix pourtant parties du fond de la grille.
Les deux Maserati Vitaphone sont alors 4e et 6e. Phoenix et Vitaphone, ça n'est pas sans rappeler les grandes heures du FIA-GT, mais ... la comparaison s'arrête là. Car visiblement Martin Bartek et Matech Compétition ont développé une redoutable Ford GT. Et la Lamborghini du Reiter Engineering, 5e avec Daniel Rafael semble aussi très compétitive.
Pas de changement dans les positions au 24e tour. Au 25e, Maxime Martin qui bataillait ferme depuis quatre tours avec Jamie Campbell-Walter arrive à le repasser pour prendre la 13e place. Alex Müller est sur les talons d'Altfrid Heger pour le gain de la 9e place, mais le pilote Maserati qui n'avait pourtant plus roulé en GT depuis de nombreuses années, ne s'en laisse pas compter. S'il cède à deux reprises sous la pression du pilote de la Corvette, c'est pour reprendre son bien dans le virage suivant.

Jamie Campbell-Walter, meilleur des Nissan, mais 12e seulement à l'arrivée. © Sumo Power GT
Au 26e tour, Jamie Campbell-Walter repasse devant Maxime Martin : la lutte entre la Nissan Sumo Power GT et la Ford GT Marc VDS Racing est intense. C'est la troisième fois que les pilotes se passent et se repassent. Alex Müller est dans les échappements d'Altfrid Heger mais il n'arrive toujours pas à le passer.
Alors que le drapeau à damier est agité sous le nez de Romain Grosjean qui boucle son 27e tour, dernière frayeur dans l'avant-dernier virage pour Alex Müller sur la Corvette #11 : il sort trop large, mais il conserve de justesse sa dixième place quelques mètres devant l'Aston Martin de Tomas Enge, première auto de la firme anglaise dont on aurait pu attendre mieux au vu des équipages et des prestations réalisées aux essais. Chez Hexis AMR, la mine est grise. Jonathan Hirschi est classé mais il n'a pas passé la ligne d'arrivée. Quant à Frédéric Makowiecki, il a renoncé sur panne mécanique au 15e tour, mais sans avoir jamais vraiment pu se mêler à la lutte en tête.
Pour Nissan, le résultat du week-end n'est pas mieux : Jamie Campbell-Walter ne franchit la ligne d'arrivée qu'en 12e position. Les autres Nissan sont classées 14e et 16e, et la #22 de Seiji Ara a renoncé dès le premier tour.
Pour le Marc VDS Racing Team, le week-end n'est pas glorieux non plus. Bas Leinders explique : "Le résultat n’est évidemment pas à la hauteur de nos espérances, d’autant que nous avons montré un joli potentiel en flirtant avec le Top 5 lors de la course qualificative où nous avons terminé 6e malgré la touchette endurée par Maxime en début de relais. Cet incident de course nous a cependant coûté cher. D’abord, il a entraîné des vibrations qui, pendant toute la première manche, nous ont fortement handicapés et dégradé les pneus avant. Ensuite, nous avons bien sûr perdu le bénéfice de ce bon résultat en étant obligés, pour une minute à peine, de partir depuis les stands dans la course de championnat. Dans ces conditions, je n’ai pu éviter un contact avec une Lamborghini qui nous a fait perdre du temps, tandis que Maxime a commis un tête-à-queue en vue de l’arrivée. Bien sûr, nous ne pouvons pas nous plaindre en comparaison avec le soucis d’embrayage qui a ruiné le week-end de nos équipiers. Le prochain rendez-vous aura lieu à Silverstone dans deux semaines : juste assez pour procéder à une série de mises au point, en espérant que la problématique des avions cloués au sol en raison de l’éruption du volcan islandais ne retarde pas trop le rapatriement de nos bolides !"
Romain Grosjean, pour qui cette journée était aussi synonyme d'anniversaire puisqu'il est né un 18 avril, reste, en grand champion, décontracté à sa descente de l'auto : "Le principal objectif pour l'équipe était d'avoir une piste dégagée avec des pneus neufs pour le second relais. Ce que nous avons fait, mais je dois dire que c'est beaucoup plus difficile de mener la course quand on est dans les stands qu'au volant de la voiture. Thomas a fait un travail fantastique, il a su exactement ce qu'il fallait faire, tout comme l'équipe, et nous sommes très contents de remporter la première course du championnat du monde GT1. Nous pouvons remercier tout le monde et avoir aussi une pensée pour Natacha à qui je dédie une partie de cette victoire."
Si la joie est évidente sur le visage de l’équipe Matech et surtout sur celui de son patron, le Suisse Martin Bartek, après la difficile journée d’hier avec l’accident de Natacha Gachnang, elle est encore plus lisible sur les membres de l’équipe Phoenix Carsport, dont les voitures sont parties en fond de grille. Pour Mike Hezemans, troisième sur le podium avec Andrea Picinni alors qu’ils sont partis bons derniers, ce doublé sur le podium des Corvette, "C'est comme une victoire ! Nous n'avons pas fait d'essais et nous sommes là, bien placés au championnat, c'est fantastique!".
Victoire encore pour Stéphane Ratel. Peu de monde avait cru en son projet quand il l’avait présenté à la presse lors de la dernière manche du FIA-GT à Zolder en octobre 2008. Que de chemin parcouru depuis ! Avec quatre marques différentes aux cinq premières places, des marques qui « parlent » aux oreilles des passionnés de grand tourisme, Ford, Corvette, Lamborghini, Maserati, le pari est d’autant plus réussi que tant les qualifications, que la course de qualification et la course de championnat ont tenu toutes leurs promesses. Quant à Romain Grosjean, le pilote Matech Compétition, nouveau venu dans le petit monde du GT, a été le grand animateur de ce week-end, insufflant à la course une dynamique assez exceptionnelle.
Cerise sur le gâteau, le live-streaming mis en place sur le site officiel du FIA-GT1 a parfaitement fonctionné, permettant à quiconque le souhaitait de suivre la course via internet. D'autant que le réalisateur a parfaitement réussi son affaire, avec des commentaires tout à fait sérieux.
Résultat au terme des 28 tours :
1-. Thomas Mutsch/Romain Grosjean (Ford Matech) en 1:01:01.892
2-. Andreas Zuber/Marc Hennerici (Corvette Phoenix) +23.061
3-. Mike Hezemans/Andrea Piccini (Corvette Phoenix) +26.485
4-. Andrea Bertolini/Michaël Bartels (Maserati Vitaphone) +34.075
5-. Ricardo Zonta/Rafael Daniel (Lamborghini Reiter) +49.496
6-. Enrique Bernoldi/Miguel Ramos (Maserati Vitaphone) +53.059
7-. Matteo Bobbi/Bert Longin (Maserati Triple H Team) +1:00.565
8-. Peter Kox/Christopher Haase (Lamborghini Reiter) +1:12.694
9-. Alexandros Margaritis/Altfrid Heger (Maserati Triple H Team) +1:24.473
10-. Xavier Maassen/Alex Müller (Corvette MadCroc Racing) +1:26.254
11-. Darren Turner/Tomas Enge (Aston Martin Young Driver) +1:26.848
12-. Warren Hughes/Jamie Campbell-Walter (Nissan Sumo Power GT) +1:28.174
13-. Maxime Martin/Bas Leinders (Ford Marc VDS Team)
14-. Pertti Kuismanen/Mika Salo (Corvette Mad Croc Racing)
15-. Henri Moser/Karl Wendlinger (Nissan Swiss Racing Team)
16-. Peter Dumbreck/Michael Krumm (Nissan Sumo Power GT)
17-. Mac Basseng/Thomas Jäger (Lamborghini All-Inkl Münnich Motorsport)
18-. Jonathan Hirschi/Clivio Piccione (Aston Martin Hexis AMR) |
La prochaine épreuve est programmée sur le circuit de Silverstone le premier week-end de mai. Le plateau GT1 retrouvera pour l'occasion le plateau du FIA-GT3 et celui de la GT4 European Cup.
A noter que SRO permet de revivre en intégralité la course d'Abu Dhabi, avec un résumé de la course de qualification et des interviews d'avant-course. C'est sur le site officiel du FIA-GT1 ici.

Le Japonais Seija Ara, héros malheureux du début de course, au volant de la Nissan du Swiss Racing Team © DPPI/SRO